développement personnel & Reconfiguration psychocorporelle -

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II- Formes de communication bloquant la compassion : « le langage du Chacal »

Plusieurs formes spécifiques de communication aliènent la Vie en nous et contribuent aux interactions violentes – avec nous-mêmes comme avec les autres – en nous coupant de notre état naturel de compassion :

1-    le jugement moral

Tout jugement moral implique la méchanceté, le mal, l’égarement ou l’inexactitude de la part des gens qui ne se sont pas en harmonie avec nos valeurs ! De tels jugements apparaissent dans notre langage par exemple sous la forme :

« le problème avec toi, c’est que tu es trop égoïste »

«Elle est vraiment fainéante »

« Tu es plein de préjugés »

« Son comportement est inapproprié »

« Je trouve ta réaction stupide »

Le blâme, les étiquettes, les critiques, les comparaisons, les insultes, les rabaissements et TOUTE FORME DE DIAGNOSTIQUE sont tous des formes de jugements moraux! Dans le monde du jugement, on se sent concerné par QUI « EST » QUOI et par QUI A RAISON/QUI A TORD. Cette communication aliénante nous enferme dans un monde d’idées à propos du VRAI et du FAUX … du BIEN et du MAL. Il s’agit d’un langage riche en mots qui classifient, séparent, divisent et opposent les gens dans leurs actions! Lorsque nous pratiquons ce langage, nous jugeons les autres et leurs comportements en nous préoccupant de :

« …qui est dans le juste et qui est dans le faux ; qui est bon et qui est mauvais ; qui est normal et qui est anormal ; qui est responsable et qui est irresponsable ; qui est intelligent et qui est stupide ; qui est dans le droit chemin et qui est égaré ; qui a raison et qui a tort…»

Si mon professeur me donne un assignement que je ne voulais pas faire, c’est qu’il est « méchant » ou « irraisonnable ». Si quelqu’un me passe devant dans les embouteillages, ma réaction sera : « espèce d’imbécile inconscient ». Lorsque nous parlons ce langage, nous pensons et communiquons en termes de « qu’est-ce qui ne va pas chez les autres pour qu’ils se comportent de cette façon !?», ou occasionnellement, « qu’est-ce qui ne va pas chez MOI pour que je ne comprenne pas ou ne réagisse pas comme il faut !!? ». Notre attention est concentrée à évaluer, à classifier et à analyser : nous pensons devoir déterminer le niveau de « fausseté » plutôt que de nous concentrer sur les besoins non satisfaits !Si ma partenaire veut plus d’affection que je ne lui en donne, c’est qu’elle est « dépendante et en demande ». Mais si c’est moi qui ai besoin de plus d’affection, alors elle est « distante et insensible ». Si mon collègue de travail est plus concerné par les détails que moi, c’est qu’il est « obsessionnel et compulsif ». Mais si je suis celui concerné par les détails, alors il est « négligeant et désorganisé ». L’analyse, la critique et le jugement des autres sont en réalité des expressions tragiques et suicidaires de nos propres besoins et valeurs. Car lorsque nous exprimons nos valeurs et nos besoins de la sorte, nous augmentons la résistance et les comportements défensifs des gens dont le comportement nous concerne ! S’ils acceptent d’agir en harmonie avec nos valeurs parce qu’ils s’alignent avec notre analyse de leur « égarement », leurs acceptation prend racine dans la peur, dans la culpabilité ou dans la honte. Et nous le payons très cher quand les gens répondent à nos valeurs et à nos besoins, non pas à partir d’un désir de donner avec le cœur, mais à partir de la peur, de la culpabilité et de la honte ! Tôt ou tard, nous allons réaliser que la bonne volonté diminue progressivement chez les gens qui s’alignent avec nos valeurs à partir d’une coercition externe ou interne ! Et eux aussi le paient très cher émotionnellement, car ils entretiennent du ressentiment et leur estime d’eux-mêmes baisse dramatiquement. En allant plus loin, à chaque fois que les autres nous associent dans leur esprit à ces émotions négatives, nous diminuons les chances qu’ils répondent avec compassion à nos besoins et à nos valeurs dans le futur !

Ici, il est crucial de ne pas confondre le jugement de valeur et le jugement moral. Nous faisons tous des jugements de valeurs à propos des qualités que nous valorisons personnellement dans la vie. Par exemple, nous pouvons valoriser l’honnêteté, la liberté, ou la paix. Nos jugements de valeurs reflètent nos croyances à propos de comment la vie peut être servie au mieux. Par contre nous faisons un jugement moral lorsque nous évaluons les gens qui ont des comportements qui ne cautionnent pas nos jugements de valeur ! ex : « La violence, c’est mal »… « Les gens qui tuent d’autres gens sont démoniaques » etc.

L’outil de la CNV vise à nous apprendre comment articuler directement nos besoins et nos valeurs plutôt que d’insinuer que l’autre a tord ou est égaré lorsqu’il ne se conforme pas à nos valeurs !

Une culture qui étiquette les gens comme « mauvais » ou « bon » et qui considère que les « gens mauvais » méritent d’être punis correspond à une culture de domination promotrice de violence.  Dans 75 % des programmes TV à l’heure d’audience enfantine la plus élevée, le héros tue les « méchants » ou les tabassent, cette violence constituant le point culminant du programme. Ayant été éduqué à considérer que les « méchants » méritent d’être puni et détruits, nous avons également « appris » dès notre plus jeune age à prendre du plaisir à regarder cette violence ! À la racine de toute violence [qu’elle soit verbale, psychologique ou physique, entre membres de la même famille, de la même culture ou non] se trouve une mentalité qui attribue la cause des conflits à l’égarement, au caractère « mauvais » et à la fausseté de « L’ADVERSAIRE ». Une telle mentalité échoue à considérer soi-même ou les autres en termes de vulnérabilité : ce que quelqu’un peut ressentir, craindre, désirer, manquer etc.

2-    La comparaison

Une autre forme de jugement est l’utilisation des comparaisons. Se comparer aux autres apparaît le chemin le plus sur pour rendre sa propre vie misérable. Comparer participe à une mentalité compétitive Perdant/Gagnant qui nie la différence et la diversité !

3-    Le Déni de toute responsabilité

Ce type de communication aliénante obscurcit notre conscience que nous sommes chacun responsable de nos propres pensées, émotions et actions. Des expressions communes comme « il faut que…» ou « je suis bien obligé de… que je le veuille ou non»  illustrent comment toute responsabilité personnelle est écartée par l’utilisation d’un tel langage ! L’expression « X me rend … dingue… en colère … triste …» etc. est un autre exemple qui montre comment le langage du chacal facilite le déni de toute responsabilité personnelle en ce qui concerne nos émotions et nos pensées ! L’officier criminel nazi de guerre Adolph Eichmann décrit parfaitement  comment lui-même et ses compagnons officiers avait attribué un nom spécifique à ce type de langage déniant toute responsabilité personnelle. Ils appelaient ce langage « Amtssprache », se traduisant à peu prêt par « langage bureaucratique ». par exemple si on leur demandait pourquoi ils avaient commis certains actes, la réponse serait : « il fallait que je le fasse »… « je devais le faire »… Et si on leur demandait pourquoi il « fallait » qu’il le fasse, la réponse serait « ordre de mes supérieurs »… « Règlement intérieur » … « c’était la loi » etc.

Nous nions la responsabilité de nos émotions,
pensées et actions lorsque nous attribuons leurs causes à :

• Des forces impersonnelles & vagues :
« j’ai nettoyé ma chambre parce que je devais le faire »
• Notre condition, notre diagnostique personnel ou notre histoire psychologique :
« Je bois parce que je suis un alcoolique »

• Les actions des autres :
« j’ai frappé on enfant parce qu’il tentait de traverser la rue »
• La dictature de l’autorité
«j’ai menti à mon client parce que mon patron m’a ordonné de le faire »
• La pression des autres :
« j’ai commencé à fumer parce que tous mes amis en faisaient autant »
• Les règlements institutionnels et leurs régulations
«je dois vous virer pour cette infraction car c’est le règlement de l’école»
• Les rôles sociaux et sexuels
« Je déteste aller au travail, mais je le fais car je suis un mari et un père de famille »
• Les impulsions incontrôlables
« C’est plus fort que moi, je suis possédé par mon envie de manger du gâteau au chocolat »

Mais nous pouvons remplacer un langage qui implique l’absence de choix par un langage qui reconnaît l’importance cruciale du choix. Ex : « Je dois donner des notes, parce que c’est le règlement de l’école »…devient… « je choisis de donner des notes aux élèves parce que je veux … garder mon poste ». Nous devenons dangereux lorsque nous ne sommes plus conscient de notre responsabilité en ce qui concerne nos comportements, nos pensées et nos émotions… Les horreurs du passé ainsi que celles qui se déroulent sous nos yeux ne sont pas un signe que le nombre d’hommes rebelles, insubordonnés et indomptables augmente dans le monde, mais plutôt qu’il y a un nombre toujours croissant d’hommes dociles, obéissants et passifs.

Communiquer nos désirs sous formes de demandes et d’exigences correspond à une autre forme aliénante de langage qui bloque la compassion. Une demande, explicite ou implicite, menace l’auditeur de blâme ou de punition s’il ne se conforme pas aux exigences de celui qui demande ! Il s’agit d’une forme commune de communication dans notre culture, particulièrement de la part de ceux qui exercent des positions d’autorité !

⇒ Nous ne pouvons jamais forcer qui que ce soit à faire quoi que ce soit ! (Tout émotion, toute pensée, tout choix et tout comportements prennent naissance à l’intérieur de nous en réponse à un stimulus externe. Le stimulus n’est pas la cause de l’émotion ou de la pensée qui variera complètement en fonction de l’individu ; Tout stimulus reste neutre tant qu’il n’a pas été interprété d’une façon particulière, enclenchant une certaine stratégie intérieure habituelle dépendant uniquement de l’individu qui interprète dans son territoire psychologique privé ! Personne ne fait tout ça à notre place …)

Une mentalité basée sur la récompense et châtiment – « qui mérite quoi » – empêche la communication compatissante ! Il s’agit du concept aliénant que certaines actions « méritent » une récompense alors que d’autres « méritent » une punition ! Cette mentalité s’exprime avec le mot « mériter » comme dans « Il méritent d’être puni pour ce qu’il a fait ». Une telle mentalité assume une « nature humaine » comme « mauvaise », en faisant appel à la punition pour que les gens qui se comportent d’une certaine façon se repentent et changent de comportement !

Ma conviction est qu’il est dans l’intérêt de tous que les gens changent, non pas pour éviter une punition mais parce qu’ils voient ce changement comme bénéfique pour eux-mêmes !

Cette vue manichéenne a exercé une influence depuis plusieurs siècles en soulignant le fait que l’être humain a une nature mauvaise innée, et a besoin d’être « éduqué » ou « dressé » de grès ou de force pur contrôler sa nature sauvage et violente indésirable ! Le système éducatif orthodoxe nous apprend rapidement à nous couper de ce que nous ressentons eet de ce qui se passe dans nos tripes.

La communication aliénante de vie dérive de et soutient les sociétés basées sur la domination et la hiérarchie! Partout ou la majorité de la population est contrôlée par un petit nombre d’individus afin de servir leurs propres intérêts, il est dans l’intérêt des rois, des tzars, des nobles, des corporations etc. que la masse soit « éduquée » afin d’induire une mentalité d’esclaves passifs, endormis ou résignés du « système » en place ! L’utilisation du langage du chacal est un langage moraliste qui se délecte des « il faut que» et des « doit » afin de cervir cette fonction : le plus il y a de gens « entraînés » à penser en termes de jugements moraux qui impliquent la fausseté et le mal, le plus ces gens sont habitués à chercher en dehors d’eux-mêmes – dans des figures d’autorité – la définition de ce qui constitue le bien, le mal, le vrai et le faux etc.

Sommaire

Notre nature profonde est de donner et de recevoir emphatiquement, dans la compassion. Nous avons, cependant, appris dès un très jeune age de nombreuses formes de communication aliénant la vie en nous, ce qui nous mène à parler et à nous exprimer de façon violente envers les autres comme envers nous-même ⇒ Les jugements moraux qui impliquent la fausseté et le mal chez ceux qui ne sont pas en harmonie avec nos valeurs ; un tel langage obscurcit notre conscience que nous sommes chacun responsable de nos propres émotions, pensées et actions. Communiquer nos désirs sous formes de demandes est une autre caractéristique du langage qui bloque la compassion.

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