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III- Observer sans évaluer

« Je peux gérer le fait que tu me décrives ce que tu m’as vu faire ou ne pas faire. Et je peux aussi gérer tes interprétations à ce sujet, mais je t’en pris, ne mélange pas les 2. Si tu veux embrouiller une situation, c’est très simple :Mélanges et confond ce que je fais avec la manière dont tu réagis à ce que je fais !

Dis-moi que tu te sens déçu de voir que je n’ai pas fini de peindre la palissade, mais me traiter de personne « irresponsable » ne me motivera sûrement pas plus. Et dis-moi que tu te sens blessé quand je dis non à tes avances, mais me traiter de personne frigide n’augmentera pas tes chances!

Oui, je peux gérer le fait que tu me dises ce que j’ai fait ou ce que je n’ai pas fait, et je peux gérer tes interprétations, mais, je t’en pris, ne mélanges pas les 2… »

Marshall Rosenberg

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Le premier composant de la CNV implique que nous séparions nos observations de nos évaluations. Nous devons clairement observer ce que  nous voyons, entendons ou touchons – et qui vient ensuite affecter notre sentiment de bien-être – mais sans venir y mélanger d’évaluations. Nos observations sont un élément important si nous désirons clairement et honnêtement exprimer à une personne comment nous nous sentons. Mais lorsque nous combinons nos observations avec nos évaluations, nous diminuons dramatiquement les chances que les autres entendent notre message ! À la place, ils entendent plutôt une critique et résistent donc à ce que nous sommes en train de dire.

Il ne s’agit pas d’être parfaitement « objectif » en s’empêchant dogmatiquement d’évaluer, mais de maintenir dans notre esprit une séparation claire entre nos observations et nos évaluations ! La CNV est une forme de langage qui décourage toute généralisation statique ; À la place, nous allons baser nos évaluations sur des observations spécifiques à un temps et à un lieu ! Le sémanticien Wendell Johnson remarque que nous nous créons de nombreux problèmes en utilisant un langage statique pour exprimer ou capturer un monde en mouvement perpétuel ! Alors que des étiquettes comme « fainéant » ou « stupide » nous apparaissent évidentes, une étiquette apparemment inoffensive ou positive comme « cuisinier » limite pourtant notre perception de la totalité d’une autre personne !

Dans un conflit entre des professeurs et un principal dans une école, lorsque je leur demandais « qu’est-ce que cette personne fait qui vient interférer avec vos besoins ? », ils répondaient: « il se la raconte !» ou « c’est une grande gueule !» ou « le principal parle trop » ou alors ils exprimaient la même chose non verbalement en haussant les épaules, en roulant des yeux, en devenant distant etc. mais jamais ils ne faisaient directement référence à un comportement spécifique du principal les ennuyant ; ils le faisaient uniquement par le biais de commentaires évaluatifs !

Pour la plupart d’entre nous, il semble très difficile de faire des observations à propos des gens et de leurs comportements qui soient libres de tout jugement, diagnostique, critique ou autres formes d’analyse! Lorsque le comportement d’une personne va de pair avec un inconfort émotionnel en nous et que nous associons donc cette personne à ces émotions négatives dès un très jeune âge, nous nous sommes habitués à donner notre interprétation et notre évaluation à propos de cette personne sans savoir exprimer spécifiquement ce que fait ou dit la personne. Déclarer qu’on sait ce qu’une personne pense ou veut, puis en tirer certaines conclusions n’est pas du tout la même chose que d’observer et décrire son comportement spécifique sans l’évaluer !

Le 1er exercice en CNV consiste à se désengager de nos habitudes en faisant une liste qui identifie des comportements et des mots spécifiques chez une personne qui nous « dérangent» (qui enclenchent des émotions négatives en nous) en s’assurant que cette liste est libre de toute évaluation, jugement et/ou diagnostique !

Les mots toujours, jamais, à chaque fois etc. peuvent exprimer des observations lorsqu’on les utilise comme suit:

• « à chaque fois que j’ai observé Nathalie au téléphone, elle a parlé à peu prêt 30 minutes » • “Dans mon souvenir, tu m’as jamais écrit ».

Bien souvent, de tels mots sont utilisés en tant qu’exagérations et généralisations qui mélangent des observations à des évaluations :

• “Tu es toujours occupé. »
• “Tu n’es jamais là quand j’ai besoin de toi.»

Cela provoque souvent une réaction défensive plutôt qu’une écoute empathique ! Des mots comme fréquemment et rarement contribuent également à confondre une observation et une évaluation :

Mélange avec une Évaluation :“tu fais rarement ce que je te demande »
Observation : « Les 3 dernières fois ou je t’ai proposé une activité, tu m’as dis que tu ne voulais pas le faire » (le verbe refuser correspond à un diagnostique comportant un jugement moral)
Mélange avec une Évaluation : “Il vient fréquemment à la maison »
Observation : « Il vient à la maison au moins 3 fois par semaine »

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CNV en action avec Marshall Rosenberg
Un interlocuteur dit  :« Vous êtes le porte-parole le plus arrogant que j’ai jamais vu ! »

J’ai plusieurs options ouvertes quand les gens s’adressent à moi de cette façon.Une option, c’est de prendre le message délivré personnellement ; Je sais que je prends les choses comme ça lorsque j’ai une forte impulsion à me défendre ou à présenter des excuses. Une autre option (pour laquelle j’ai eu des années de pratiques), c’est d’attaquer l’autre personne à propos de ce que perçois comme une attaque tournée contre moi !Et la 3e option, c’est de placer mon attention sur ce qui se cache derrière les mots de cet homme (le message profond ‘implicite’ : quelle observation a enclenchée quelle émotion, sur la base de quel besoin non satisfait) lorsqu’il me fait cette déclaration (le sens superficiel ‘explicite’)

 Moi : (essayant de percevoir quelles observations était en train de faire cet homme) est-ce que vous réagissez au fait que j’ai parlé 30 minutes afin de présenter mes théories sans que vous ayez eu moyen de parler ?

L’homme : « non, vous expliquez la chose trop simplement »

Moi : (essayant d’obtenir plus de clarification) « Est-ce que vous réagissez au fait que je n’ai pas mentionné le fait que le processus peut être difficile à appliquer pour certaines personnes?

L’homme : « non, pas certaines personnes … vous!»

Moi : donc, vous réagissez au fait que je n’ai pas déclaré que le processus peut être difficile pour moi parfois ?

L’homme : « exactement »

Moi : (essayant de décrire ce que ressent cet homme et quels son ses besoins) « Est-ce que vous vous sentez horripilé parce que vous auriez aimé des signes de ma part qui indiquent que j’ai parfois moi-même des difficultés avec le processus parfois ? »

L’homme : « oui »

Moi : (plus détendu maintenant que je suis en contact avec les émotions et les besoins de cet homme, je dirige mon attention vers quelle requête il pourrait me proposer ) « est-ce que vous aimeriez que j’admette que ce processus peut être difficile pour moi à appliquer ? »

L’homme : « oui »

Moi : (ayant clarifié son observation, son émotion, son besoin et sa requête, je vérifie en moi si je désire à accepter sa requête) « oui, en effet, ce processus est souvent difficile pour moi. Tout au long de la conférence, vous m’entendrez probablement décrire plus incidents ou j’ai eu du mal à gérer la situation » , et dans lesquels j’ai même totalement perdu contact avec ce processus que je vous expose… Mais ce qui me donne la force de continuer, ce sont toutes les connections intimes qui arrivent avec d’autres gens lorsque je reste centré dans le processus. »

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